vendredi 5 janvier 2018

La pairémulation ou le soutien par les pairs. Impacts : Étude dans le milieu du handicap des ESAT.



Trois mois après la validation de mon travail de fin d'étude, j'aimerais partager avec vous la synthèse. 

Avant tout j'aimerais présenter les définitions de quelques mots clés, ensuite vous aider à comprendre le contexte du sujet, enfin les résultats de l'étude. 

Selon Wikipedia, un ESAT (établissement et service d'aide par le travail) en France, est un établissement médico-social de travail protégé, réservé aux personnes en situation de handicap et visant leur insertion ou réinsertion sociale et professionnelle. L'ancienne appellation était : CAT (centre d'aide par le travail). Et la pairémulation, selon le Groupement Français des Personnes Handicapées,  définit la transmission de l’expérience dont sont chargées les personnes qui ont appris à répondre à leurs besoins en matière d’accompagnement et d’adaptations personnalisés pour vivre selon leurs choix. Afin que ceux qui en ont le besoin puissent mieux identifier et utiliser plus efficacement les ressources alternatives qui sont nécessaires à leur autonomie, cette transmission vise à renforcer les capacités des personnes en perte d’autonomie en renforçant leur conscience sur leurs possibilités, leurs droits et leurs devoirs, et en les encourageant à influencer leur environnement
physique et social pour leur meilleure participation dans leur famille et dans la société.


J'aimerais illustrer le contexte du sujet par le témoignage de Cécile Guimbert. " Dans une situation de handicap, [...] une personne doit fournir un effort supplémentaire pour arriver à l’autonomie. Que ce soit un enfant à qui un sens fait défaut, un adulte qui perd une capacité à la suite d’un accident ou d’une dégénérescence progressive, il faut trouver la parade pour que cette personne ait une vie digne de ce nom. Certes, l’entourage suggère des solutions et amène la personne en situation de handicap à progresser, l’éducation ou la rééducation bien menées font affaire en grande partie, mais l’imitation a des limites  : un enfant aveugle ne peut pas courir aussi vite que ses camarades s’il ne peut voir où il va, les conseils d’un rééducateur peuvent tomber à plat, venant d’une personne qui n’est pas dans les mêmes conditions et qui n’est pas passée par ces difficultés. D’où l’importance de la rencontre des pairs, [...] le même handicap ou une autre situation de handicap, souvent le même parcours, qu’on peut imiter où de qui on peut s’inspirer. J’ai eu des enseignants déficients visuels et j’ai tout de suite vécu dans la pensée qu’une personne aveugle peut travailler ; et puis, j’ai eu des amis aveugles qui ont élevé des enfants, je me suis rendue compte qu’une telle vie de famille était possible. Maintenant les enfants sont avec tous les autres et il est rare qu’ils aient des professeurs déficients visuels. Je pense qu’il est bon, à un moment ou un autre, que les déficients visuels rencontrent leurs pairs. [...] (les déficients visuels) qui, consciemment ou inconsciemment, attendent de cette rencontre le coup de pouce qui va les aider à conquérir leur autonomie ".

La pratique du soutien par les pairs, autrement dit « la pairémulation​», est connue dans le milieu de la psychiatrie, de la toxicomanie, mais peu connue dans les Établissements et Services d’Aide par le Travail (ESAT). Or, ces derniers, ont la mission d’offrir aux personnes handicapées des activités diverses à caractère professionnel et un soutien médico-social et éducatif, en vue de favoriser leur épanouissement personnel et social. 

Aujourd’hui, certains établissements sont décriés par des associations de personnes handicapées, des parents de personnes handicapées ; exploitation, accompagnement inefficace, etc. Depuis 1994, le Groupement Français des Personnes Handicapées (GFPH) prône la mise en place, dans le milieu du handicap, de la pratique de la pairémulation afin d’aider des personnes handicapées à développer des capacités d’autonomie, des capacités professionnelles et sociales. Pour présenter le potentiel de cette pratique dans les établissements, nous avons choisi d’étudier l’impact de la pairémulation sur l’autonomie et le travail en équipe des travailleurs handicapés dans les ESAT. Pour ce faire, des enquêtes ont été réalisées. Une base de données statistique a été élaborée.                         

Les résultats montrent que la pratique du soutien par les pairs permet au pair-aidant d’être plus responsable de ses choix professionnels, de ses compétences, de ses droits, de ses devoirs et de ses possibilités professionnelles. Ils trouvent aussi de l’intérêt à proposer son aide à d’autres travailleurs handicapés moins autonomes. Les personnes pairémulées, bénéficiaires du soutien d’un pair, développent de l’estime, des capacités d’autonomie, des capacités de communication et d’expression. Cette pratique permet aussi, à certains moniteurs d’atelier de gagner du temps ; respecter les délais de production, trouver du temps pour aider des travailleurs moins autonomes. La pratique de la pairémulation, en équipe de travail, génère de la bienveillance, du respect mutuel, de l’entraide, de l’entente, de la coopération, des liens affectifs et amicaux, de l’estime entre les travailleurs handicapés. Cette étude montre la particularité de la pratique de la pairémulation dans l’accompagnement de la personne handicapée ; l’impact identitaire, la restauration de l’image de soi, le développement ou rétablissement des capacités, le sentiment d’être actrice de son projet personnel, le partage des responsabilités, l’envie de se projeter professionnellement et socialement.  

Mots-clés : soutien par les pairs – pairémulation – autonomie – travail d’équipe – impact. 


Pour plus d'information : 
  • https://drive.google.com/file/d/1CmO1seMfp-S2y7RhO2S8bGCs7yYgVnCB/view?usp=sharing
  • http://www.voirensemble.asso.fr/modules/kameleon/upload/1VD447-.pdf